Challenge Prince Albert II: l'aviron de mer de demain?



Mais quel week-end pour l'aviron de mer! Et quel week-end pour la Société Nautique!

Comment ne pas s'enthousiasmer devant ce qui s'est passé sur le quai Louis II pendant ce 16ème Challenge Prince Albert II?

Comment ne pas être fiers lorsque notre club, la Société Nautique de Monaco, a tout bonnement proposé au monde de l'aviron de mer une nouvelle façon révolutionnaire de vivre les compétitions et un moyen simple et efficace de rehausser l'esprit d'équipe?

Et comment ne pas être euphorique de voir la réaction des meilleurs rameurs d'Europe, unanimes et enthousiastes devant ce nouveau format de compétition qu'on aimerait voir plus souvent?



Petit résumé pour celles et ceux qui auraient loupé un épisode.

Depuis deux éditions, les organisateurs du Challenge s'attachent à bousculer les codes et réinventer les règles de l'aviron. Avec à leurs actifs plus d'un siècle d'expérience de compétitions d'aviron, ils ont eu le temps de noter tout ce qui leur plaisait et tout ce qui ne n'allait pas. Depuis 2019, ils proposent donc, pendant le Challenge Prince Albert II, des alternatives au carcan séculaire des lois et règlements des régates.

Et en portant un regard neuf sur la discipline, ils ont réussi, en seulement deux éditions, à provoquer l'enthousiasme de la planète aviron.

Cette année n'a pas échappé à la règle. Au programme: l'esprit d'équipe et la parité.

L'esprit d'équipe parce que ce Challenge Prince Albert II a vu la constitution d'équipes venues de l'Europe entière, d'équipages aux multiples nationalités rassemblés par la passion de l'aviron et des liens d'amitié pour une compétition où chaque course comptait dans le décompte final des points.

La parité parce que chaque équipe était mixte avec, en plus du barreur, deux rameuses et deux rameurs. (On aurait pu écrire "quatre rameur.euse.s", mais, outre que c'est illisible, on aurait perdu l'effet "parité" désiré.)


Bref, c'était nouveau, c'était séduisant (un prize-money total bien fat de 15.000€, ça rajoute un je ne sais quoi de charme supplémentaire non?) et les meilleurs rameurs d'Europe avaient fait le déplacement. Il y avait là des médaillés olympiques, des champions du monde, des champions d'Europe et des champions tout court. Du rarement vu.

La Méditerranée, pour l'occasion, avait sorti le grand jeu avec des creux de presque 2 mètres et un vent à décorner les boeufs (et à les congeler aussi).

Et pendant deux jours, les courses se sont enchaînées, d'abord les solos homme, puis les doubles mixtes, suivis des solos femmes avant l'épreuve de l'après-midi: le quatre mixte.

Comble du raffinement, on pouvait suivre les courses depuis un écran avec, le samedi, des traceurs qui suivaient les bateaux au centimètre près et le dimanche avec un live vidéo et les commentaires de Pat Lambert qui, sur le quai Louis II et la Jetée Lucciana, ont enflammé le public. Bravo Patricia, quel talent!

Il faut dire que le suspens était là à tous les coups. Le niveau était tel que les courses se jouaient dans un mouchoir de poche et la bagarre était rude, en tête comme dans le peloton. Malgré cela, pas d'incidents à déplorer, confirmant l'intuition géniale de l'Organisation qui a décidé en 2019 de supprimer les réclamations. Comme personne ne pense "être dans son bon droit", tout le monde fait attention aux autres équipages, limitant ainsi les collisions. Simple, mais il fallait y oser y penser.



Revenons sur cette dernière course de dimanche où le suspens était à son comble avec seulement deux points qui séparaient la première et la troisième équipe du classement général.


Après un départ retardé par des problèmes techniques sur certains bateaux, le "go!" du 4000 mètres a été donné. Les 18 équipages sont partis vent dans le dos et très rapidement l'écart s'est creusé entre les trois challengers et le reste du peloton. À la première bouée, la Team Côte d'Azur marquait déjà le pas sur Concorde et la team Filippi Spain. Un avantage conservé et creusé tout au long du parcours, mais que le cadrage des équipes de tournage a oublié de montrer au public massé derrière les écrans, ne montrant que la lutte entre les deuxièmes et troisièmes équipages. Seul un sillage laissait imaginer qu'un bateau les précédait. De beaux moments de suspens qui ont pris fin avec l'arrivée, magistrale et très rapprochée et qui a vu la victoire de la Team Côte d'Azur dans laquelle ramait "notre" Quentin, Quentin Antognelli aux côtés de ses copains et copines Elodie Ravera-Scaramozzino, Gaël Chocheyras, Hélène Lefebvre et Mégane Besson.

Un très beau et grand moment d'aviron de mer que, grâce à la magie de la vidéo, il est possible de revivre en allant sur le site du Challenge https://www.cpa2.mc/le-live ou sur la chaîne Youtube de la Société Nautique de Monaco.