Les Beach Rowing Sprint de Gislain Bohrer



Membre de la SNM depuis 2020, Gislain est originaire de région parisienne et c'est sur les coulisses melunaises qu'il a usé ses premières combinaisons. Bizarrement, il préfère s'installer sur la Côte d'Azur que de rester à Vaux-le-Penil et passe donc du Club de Melun à celui de Monaco. Le transfert de la Seine à la Méditerranée ne l'aura pas perturbé puisque Gislain s'offre son premier titre de Champion de France en Aviron de Mer, en septembre 2021. A la Seyne, il accroche la seconde marche du podium en double mixte avec Coline Caussin.


Comment trouves-tu le Beach Rowing Sprint par rapport aux autres disciplines de l’aviron ?


Je trouve que le BRS est une discipline très hétérogène comparée aux autres. On pourrait la comparer au format sprint en rivière sur 500 mètres, mais l'alliance de la course à pied, de l'aviron de mer et du slalom entre les bouées rend la discipline très intéressante à pratiquer ainsi qu'à regarder.

L'enchaînement des courses dans les phases finales participe également à rendre le format passionnant. On a d'ailleurs pu remarquer que de nombreux spectateurs suivaient avec attention les courses lors du Championnat de France et parmi eux beaucoup n'étaient pas du milieu de l'aviron.

Je pense que le développement de cette discipline est bénéfique pour notre sport, si elle devient olympique pour les Jeux de 2028, les choses vont encore s'accélérer.


Selon toi, quelles qualités sont nécessaires pour performer en BRS ?


Au-delà des capacités physiques, je dirais que la première qualité indispensable pour performer en BRS est la polyvalence. Pour réaliser le meilleur parcours possible, il est nécessaire de faire preuve de lucidité au moment de l'installation dans le bateau, cette étape est cruciale, il est difficile d'y gagner du temps, en revanche on peut en perdre beaucoup ! Une fois sur l'eau il faut être à l'aise avec la navigation en mer, et faire preuve d'adaptabilité, car les conditions s'inversent une fois le demi-tour effectué.


Quelles sont les difficultés spécifiques à la discipline ?

La gestion de course dans les cinquante premiers et derniers mètres en bateau est sans doute le moment le plus délicat du parcours. Ramer en pleine mer dans la houle est une chose, mais ramer aux abords de la plage dans les vagues cassantes en est une autre. À l'aller, il faut lutter avec force et précision pour s'extraire de ces vagues tout en veillant à ne pas perdre sa coulisse, car le bateau prend parfois de la hauteur et la retombée peut être périlleuse. Au retour, je trouve cela encore plus difficile, les vagues nous rattrapent et font dévier la coque, allant même parfois jusqu'à enfoncer la pointe avant dans l'eau, puis faire chavirer le bateau, j'ai malheureusement vécu l'expérience en éliminatoire du solo le vendredi...


Quel est ton souvenir le plus marquant de ce premier championnat de France ?


Évidemment, mon souvenir le plus marquant de ce championnat est la journée de compétition en double mixte avec Coline Caussin-Battaglia et notre titre de vice-champions de France. C'est un vrai plaisir de ramer avec une telle amie, la complicité aide à trouver la cohésion, j'espère pouvoir renouveler cet équipage à l'avenir !

Pour être plus précis, je dirais notre demi-finale où nous avons réalisé la course quasi parfaite (rare dans cette discipline où tant de facteurs peuvent venir perturber les plans).

En finale, c'était superbe de concourir contre mon ami Ludovic Dubuis avec qui j'ai partagé des entraînements au club et maintenant en stage fédéral, félicitations à lui pour le titre, on peut dire que Monaco était bien représenté !


Aurais-tu un conseil pour des rameurs qui voudraient se préparer au BRS ?

Mon premier conseil serait d'adapter sa préparation physique afin d'éviter les blessures. L'aviron est un sport "porté", par conséquent nous avons de mauvais appuis au niveau des chevilles et des genoux une fois au sol. Le sprint ne s'invente pas et encore moins lorsqu'il s'agit de courir dans le sable, cela est très contraignant pour le corps. Pour ma part, j'ai eu quelques douleurs aux genoux après les championnats, avec le stage à St-Malo le week-end suivant, je suis ressorti complètement "cassé" avec d'importantes douleurs musculaires et articulaires au niveau des genoux qui m'obligent à prendre du repos pour le moment... C'est pourquoi je conseille d'adapter la préparation physique pour améliorer ses appuis au sol et éviter ce genre de blessures. De plus, cela permet de s'améliorer sur la partie course à pied qui est parfois décisive pour gagner la course !